<< Un garçon de 18 ans passé à tabac, des policiers caillassés, trois interpellations, une ambiance plus que tendue: la fête organisée samedi soir à Bezannes par l'association des jeunes a tourné au vinaigre. On a même parlé d'égorgement à un moment, rumeur qui s'est toutefois révélée complètement infondée. Il a fallu plusieurs heures pour que le calme soit complètement rétabli. Les choses ont commencé à mal tourner lorsque des dizaines de jeunes qui souhaitaient eux aussi participer ont été priés de rester dehors, la salle des fêtes affichant complet. >>
La fête organisée samedi soir par les jeunes de Bezannes a tourné court, en raison d'une série de violences. Un garçon de 18 ans a notamment été passé à tabac et dépouillé.
LA fête organisée samedi soir par les jeunes de Bezannes, à la limite de l'agglomération rémoise, risque de faire date. Mais probablement pas de la façon dont l'auraient souhaité les organisateurs.
Commencée plutôt agréablement, la soirée a en effet dû être interrompue de façon abrupte, en raison de violences qui ont éclaté aux portes de la salle des fêtes où elle se déroulait. Hier, le bilan officiel faisait état d'un garçon hospitalisé à la suite d'un passage à tabac, et de trois interpellations à la suite d'affrontements entre jeunes et policiers.
Tout avait donc plutôt bien commencé, vers 21 heures. « Il y avait des DJ, de la musique, une buvette, une grande piste de danse, l'ambiance était plutôt sympathique, raconte Coraline (prénom d'emprunt), 18 ans, qui faisait partie des quelque 500 participants, même si assez vite, on a senti une certaine tension, parce que certains commençaient à être ivres. Et puis, tout à coup, vers minuit, les lumières se sont rallumées comme au début, on ne comprenait pas pourquoi ; et puis il y a eu une rumeur : quelqu'un a été égorgé devant la salle ! Les gens qui étaient à l'intérieur ont commencé à s'inquiéter, certains ont voulu sortir, mais les vigiles les en ont empêchés, pendant plusieurs minutes, un quart d'heure environ. Après quoi, au contraire, ils nous ont demandé de sortir... »
Effectivement, il s'était passé des choses pas très catholiques à l'extérieur du bâtiment. Selon Arnaud Bieux, le président de l'AJFB (association des jeunes fêtards de Bezannes) organisatrice, « certaines personnes n'avaient pas pu entrer parce que c'était complet, et elles étaient restées devant les portes, mécontentes et énervées ». Le commissaire de police poursuit le récit des événements : « Un groupe resté à l'extérieur a fini par repérer un jeune de 18 ans qui semblait sans doute plus vulnérable. Ils l'ont proprement passé à tabac, lui ont administré ce qu'on appelle parfois un « bolossage », pour lui voler divers objets de valeur. Le service d'ordre des organisateurs nous a alertés, et nous nous sommes rendus sur place ».
C'est alors que commence une autre phase : alors que Coraline et ses amis sont priés d'évacuer la salle et de rentrer chez eux, une partie de cette foule reste sur place, aux abords du bâtiment, pour « voir » ce qui se passe. Des perturbateurs en profitent pour se fondre dans la masse et agresser les policiers à coups d'injures mais aussi de cailloux. « Mais le personnel a réagi de façon très professionnelle, très propre, commente le commissaire. Nous avons réussi à éviter tout débordement, et toute blessure, aussi bien dans nos rangs que chez les agresseurs ; nous avons interpellé trois individus, deux garçons et une fille, deux presque majeurs et un majeur, ce qui a tout de suite contribué à calmer les esprits. Mais la situation ne s'est vraiment normalisée que vers deux heures du matin... »
Et par précaution, les forces de l'ordre ont continué à patrouiller dans le secteur tout le reste de la nuit, pour éviter tout « retour de flamme ».
Quant aux organisateurs, au vu des événements, ils ont préféré ne pas reprendre le fil de la fête. Oui, ils risquent fort de se souvenir longtemps de celle-ci.